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Suite à l'élection au Sénat, le 26 septembre 2004, du président fondateur d'honneur de l'Union des Français de l'Etranger - représentation du Liban, Madame Christiane Kammermann, nous avons recueilli les impressions du nouveau sénateur des Français établis hors de France.
Comment avez-vous connu le Liban ?
Mon beau-père, M. Frédéric Kammermann (Suisse, Genevois) avait été appelé à créer l'Ecole des arts et métiers au Liban (Sanayeh). C'est ainsi que mon mari, le Dr Kammermann, est arrivé petit au Liban où il a fait ses études, avant de repartir dans son pays natal pour continuer sa formation médicale, aux côtés du célèbre professeur Franceschetti, à Genève, pour sa spécialisation en ophtalmologie. Bien des années plus tard, marié avec enfants, mon mari décida de s'installer à son tour au Liban, ce qui fut pour moi bien difficile, n'ayant jamais quitté ma patrie, ma famille, mes amis, tout ce qui était ma vie. Toutefois, appartenant à une famille extrêmement conservatrice, je devais obtempérer et suivre mon mari.
Les débuts furent difficiles, ne parlant pas l'arabe et avec tout à découvrir et, surtout, ayant une très grande nostalgie de mon pays et de ma famille. D'abord, je croyais trouver une ville beaucoup plus typiquement arabe.
. Là, j'ai été un peu déçue. Par contre, j'ai été complètement séduite par le pays, son paysage, ses sites, ses vieilles pierres. Par la suite, je fus encore plus séduite par l'amabilité du Libanais, sa générosité, sa gentillesse. De suite, j'ai été confrontée aux événements libanais, puisqu'en 1958, j'attendais mes jumeaux et habitais rue Kantari, exactement dans le champ de mire de la résidence du président Chamoun, ce qui fut difficile à vivre. Puis il y a eu l'assassinat d'un épicier en bas de la maison. Voilà comment j'ai vécu mes débuts à Beyrouth. |
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Qu'est-ce qui a motivé votre fidélité au Liban ?
D'abord ma fidélité à mon mari, à mon foyer, à mes enfants, ce qui tout naturellement a engendré ma fidélité au Liban. Puis est arrivée la guerre avec son cortège de souffrances et d'horreurs. J'ai donc trouvé tout naturel d'entourer, d'aider au maximum mes compatriotes français et franco-libanais (pendant toute la guerre, Christiane Kammermann a assuré les liaisons avec les familles en France, ainsi que des visites et une assistance aux Français malades ou incarcérés. Sans compter des activités permanentes en faveur des compatriotes isolés et blessés).
Quelle satisfaction personnelle tirez-vous de votre engagement si dévoué en faveur des Français de l'étranger ?
D'abord et avant tout, de servir mon pays. Puis de penser à celles et à ceux de ma famille qui ont servi, avec tellement de conviction et de fidélité, la France. Mon élection au Sénat fut une grande joie et le prolongement, en fait, du travail effectué jusqu'à ce jour, avec naturellement plus de possibilités pour obtenir des résultats. Est-ce là mon objectif final ? Comment puis-je vous répondre ? L'expérience de ma vie, jusqu'à ce jour, m'a prouvé qu'on ne sait pas de quoi est fait le lendemain.
Quels sont les projets que vous préparez et comptez voir se réaliser durant votre mandat de sénateur ?
D'abord au Sénat, je suis entrée dans la Commission sociale, celle des Anciens combattants, et me suis inscrite dans le groupe des femmes françaises. Il est évident que le Liban restera ma priorité, ainsi que les pays que j'ai représentés pendant 18 ans : la Jordanie, la Syrie et l'Irak. Mais naturellement, l'ambition que j'ai d'essayer d'obtenir une amélioration de la vie des Français de l'étranger ne se bornera pas à ces pays ; elle s'étendra bien au-delà, puisqu'un sénateur des Français établis hors de France se rend dans le monde entier en privilégiant les pays où sévit la guerre et son lot de malheurs.
D'ailleurs, siéger dans l'hémicycle du Palais du Luxembourg est quelque chose d'époustouflant. Nous sommes une assemblée de 331 sénateurs renouvelables au tiers tous les trois ans, dont 12 sénateurs représentant les Français établis hors de France. Alors qu'ils ne sont pas représentés à l'Assemblée nationale, les Français de l'étranger élisent au suffrage universel indirect (grands électeurs) des sénateurs au nombre de douze, depuis 1983. Le rôle de ces sénateurs est le même que celui de tout autre sénateur, mais leur circonscription est le monde entier !
Il faut savoir que le sénateur est avant tout un législateur, chargé de coter les lois de la République. Les projets de lois sont déposés par le gouvernement, leurs textes sont examinés par l'une des six commissions permanentes : affaires culturelles, économiques et du plan, étrangères, de la défense et des forces armées, sociales, finances et les lois. Le texte de loi, une fois adopté par la commission, est voté par les sénateurs en séance publique. Le Sénat contrôle l'action du gouvernement.
Dans quelle mesure pourriez-vous aider la cause du Liban en siégeant au Palais du Luxembourg, et comment assurer un renforcement des liens d'amitié franco-libanais au sein de cette respectable assemblée sénatoriale ?
En recevant et en écoutant toutes les demandes des Français de l'étranger et du Liban. Je les appuierai dans mes interventions et auprès des ministres. La cause du Liban sera toujours bien défendue et les affaires libanaises seront suivies de près. Je dois aussi vous dire que j'ai immédiatement adhéré au groupe d'Amitié France-Liban qui est composé de sénateurs ayant pour but le renforcement des liens d'amitié entre nos deux pays. Cela m'a paru une évidence et tout naturel.
Un dernier message aux Français du Liban ?
Je voudrais juste leur dire que je ne les oublie pas, et que je reste à leur disposition pour tout ce dont ils pourraient avoir besoin. Je les invite d'ailleurs, lors de leur séjour en France, à venir me voir au Sénat, et visiter cette magnifique maison. |
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