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ENSEIGNEMENT - PROJET DE LYCEE VIRTUEL "E-LYCEE" |
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Le Président de notre UFE à SAN FRANCISCO, Jean Claude Zambelli, est à l'origine d'un projet de lycée virtuel novateur et ambitieux qui a retenu toute notre attention. Il l'a exposé aux participants de notre Assemblée Générale le 25 septembre dernier.
Nous avons reproduit pour vous le texte de son intervention. Il est à votre disposition pour répondre à toute interrogation de votre part ; posez-lui vos questions à l'adresse suivante : jc@zambelli.org. |
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"Si le petit prince revenait en ce début de 21ème siècle, il dirait probablement à l'aviateur devenu cosmonaute s'il te plait, dessine moi un Lycée.
Et c'est ainsi que notre aventure a commencé avec le projet e-lycée.
Peut-être certains d'entre vous se rappellent-ils que l'an dernier, à cette même tribune, j'avais annoncé la tenue d'un séminaire sur la scolarisation des Français de la région de San Francisco.
Ce séminaire s'est tenu le 15 novembre 2003. La représentation UFE de San Francisco a réuni à cette occasion une centaine de parents d'élèves, les proviseurs des 6 écoles homologuées AEFE de la région de la baie, le personnel du Consulat Général, des enseignants, des membres de ce que nous appelons la société civile, la Présidente de l'association des écoles françaises des Etats Unis et l'attaché culturel de l'Ambassade de France.
Force a été de constater que plus de 80% des enfants français vivant dans notre région ne se trouvent pas dans les établissements du réseau de l'Agence pour l'Enseignement Français à l'Etranger.
Ceci pour 3 raisons essentielles :
- la distance du domicile au lycée est trop grande,
- le coût de l'écolage, de l'ordre de 15 000 $ par an, est excessif, ou bien
- la famille a fait le choix conscient d'immerger son enfant dans un milieu complètement américain.
En même temps, il était important de noter que plus de 70% des foyers américains ont accès à Internet et que 43% des foyers ont des connections haut débit. Ces chiffres sont encore bien plus élevés si l'on considère la population qui nous préoccupe aujourd'hui.Cette situation présente une opportunité qui a été évoquée durant ce séminaire : le lycée en ligne.
Depuis, un groupe de talents complémentaires s'est mis au travail :
- une pédagogue,
- un spécialiste de l'éducation à distance,
- un expert des plateformes de logiciels,
- un "capital risqueur",
- une spécialiste du marketing.
Bref, notre "start up" à la Californienne était née.
Comme vous le voyez, il s'agit d'un groupe de rêveurs, mais de rêveurs sérieux !
Notre mission :
Créer un établissement d'enseignement français virtuel qui fournira une offre éducative française, suivant les programmes d'enseignement français, accessible à tout enfant vivant sur le territoire Nord Américain ayant accès à Internet.
Notre "marché" comporte les segments suivants :
- élèves non inscrits dans un établissement français,
- élèves sortant d'un établissement français interrompant ses programmes à la 4ème,
- élèves inscrits dans un lycée français recherchant une option non proposée par son lycée.
L'équipe éducative se compose:
- des enseignants créateurs de contenu provenant soit du CNED soit des IUFM et
- des enseignants "facilitateurs" pour guider, conseiller et évaluer les élèves.
Notre proposition pédagogique est de privilégier l'acte d'apprendre plutôt que celui d'enseigner.
Nous voulons construire un nouvel environnement pour permettre aux élèves de construire leur propre savoir de façon autonome, critique et créative.
Cette approche active de l'apprentissage se caractérise par :
- la recherche d'informations,
- la résolution de problèmes complexes,
- la réflexion de niveau supérieur et
- une communication développant l'aptitude à la collaboration.
E-lycée peut s'appuyer sur de l'existant et, en particulier, sur le savoir-faire du CNED.
Le CNED a fait ses preuves en matière de création de cours et en matière de savoir-faire administratif, comme pour l'organisation des examens.
Nous savons que le CNED n'est pas l'organisation la plus véloce mais elle a le mérite d'exister et de proposer des cours papiers.
Ces cours qui sont de longs textes difficiles à digérer ne sont pas utilisables comme cours en ligne. Ils n'ont pas été conçus pour cela, ils ne conviennent donc pas.
Mais si notre équipe développe une méthodologie de portage de cours interactifs sur le web que nous appelons la "webisation" des cours du CNED, l'avenir paraît tout de suite beaucoup plus rose.
Les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) paraissent spécialement bien placés pour assurer la qualité de cette "webisation".
Notre équipe pédagogique a d'ailleurs réalisé un prototype de "webisation" du cours de français de seconde sur le théâtre.
Nous sommes passés d'un texte alourdissant les paupières à un scénario interactif où les élèves pouvaient préparer et réaliser l'interview en ligne d'une personnalité du théâtre, réécrire ensemble le discours de Pierrot dans le Don Juan de Molière, regarder une vidéo produite par la Comédie Française et passer un test de vérification des connaissances acquises.
Le tout, en utilisant des outils informatiques fonctionnant
- tantôt en asynchrone :
L'élève travaille seul à son ordinateur.
- tantôt de façon synchrone :
L'élève travaille avec d'autres élèves en ligne comme lui et un professeur "modérateur" également en ligne.
Pour comprendre mieux encore les besoins informatiques du projet nous avons rêvé l'emploi du temps d'une élève virtuelle que nous avons baptisée Christine.
Christine qui a 14 ans suit les cours de 3ème. Elle habite trop loin de San Francisco pour aller au lycée chaque jour. Si elle habitait plus près, ses parents ne pourraient pas supporter les frais de scolarité pour elle et ses deux frères. Il s'agit de la couche sacrifiée des Français de l'étranger : trop de revenus pour être boursiers mais pas assez pour supporter un coût d'écolage de 15 000 $ par élève.
Bref, Christine est une lève-tôt et commence sa journée à 7h00.
de 7h00 à 8h30 : Recherche personnelle sur un sujet à l'étude.
Consultation d'archives, de conversations et démonstrations antérieurement enregistrées avec utilisation audio/vidéo. Elle consulte également le Web (la toile) et des manuels qu'elle possède. En faisant sa recherche, Christine a l'option d'accéder à des informations dites de base ou des informations dites avancées qui lui permettront de gagner des points supplémentaires.
à 8h30 : Christine entre en classe virtuelle.
Le maître qui attend ses élèves, en ligne, habite, lui, à 5 000 km de là, dans un petit village du Maine, sur la cote Est des Etats Unis !
Le maître est là pour répondre ou guider une discussion sur des questions qui ont été posées par e-mail la veille, en direct par le forum utilisé par la classe, par message instantané ou en utilisant le système audio.
Durant cette session, le maître peut poser des questions directes ou à choix multiples, établir des statistiques sur les réponses reçues et reprendre les points mal compris, vérifier que tous les devoirs ont été rendus via e-mail et finalement lancer les actions pour la prochaine session.
à 9h45 : Apres une courte recréation, Christine entre maintenant dans une session de travail de groupe.
Le groupe de Christine est en ligne à nouveau pour travailler avec sa classe de mathématiques. Tout le monde travaille sur les exercices proposés en utilisant un tableau et une craie virtuels. Chacun peut prendre la craie à son tour pour faire ou corriger un exercice. Les questions d'un élève à l'autre peuvent être transmises par message instantané.
de 11h30 à 12h30 : Il est temps de faire ses devoirs.
Ils peuvent se présenter comme un document texte, une présentation, un document Internet ou même un document multimedia incluant graphique, image audio et vidéo.
de 12h30 à 13h30 : déjeuner bien gagné
de 13h30 à 14h30 : Test de mathématiques.
Tous les élèves sont maintenant en session pour passer le test individuellement. Il faut toutefois remarquer que les tests ne sont pas exactement les mêmes. Un tronc commun est posé à tout le monde. En fonction de la qualité des réponses, le test s'individualise vers le bas ou vers le haut pour s'adapter aux connaissances acquises par l'élève. Il s'agit plus d'une évaluation que d'un examen.
de 14h45 à 15h45 : Session en ligne avec son tuteur qui habite à San Diego, tout au sud de la Californie.
Il s'agit de littérature. Christine peut poser des questions à propos de documents présentés précédemment. Pour cette session, Christine utilise une camera montée sur son ordinateur pour établir une vidéo conférence avec son tuteur.
Ces sessions peuvent être programmées de manière régulière ou à la demande, en fonction des difficultés que rencontrera Christine.
de 16h00 à 18h00 : Il est temps d'aller jouer au football avec le club local.
Il est temps de rencontrer des garçons et des filles de son âge! La sociabilité est un élément important du développement des adolescents.
Sommes-nous dans l'univers de Startreck ? Non pas vraiment, il s'agit simplement de la future école des enfants français de l'étranger qui ne peuvent pas accéder à nos lycées.
Nous avons ainsi mis en évidence les outils logiciels nécessaires :
- calendrier électronique,
- conférence audio,
- chat,
- message instantané,
- e-mail,
- audio et vidéo conférence en direct pour groupe,
- document sharing,
- visite du Web,
- test automatique,
- écriture de texte, et
- présentation multimédia.
Pour réussir la partie informatique de ce projet, il nous faudra choisir les plateformes de logiciel les plus performantes. Notre équipe d'évaluation a déjà commencé cette opération de sélection des logiciels comme Akuter (modèle de gestion de l'établissement allant de l'inscription des élèves aux passages de test en mettant à la disposition des élèves et des maîtres la gestion des cours asynchrones) ou Cisco (téléconférence interactive qui conviendrait probablement a la partie synchrone de notre enseignement).
Ces logiciels sont déjà sur notre banc d'essai.
Et l'argent, me direz-vous.
Le coût total de ce projet est de 5,5 millions de dollars. Le financement recherché sera de 2,5 millions de dollars.
Même pas l'épaisseur d'un trait de crayon pour le budget de l'Education Nationale mais nous ne nous faisons aucune illusion sur un financement venant de ce côté-la. Nous lèverons cet argent de manière privée localement auprès de sponsors passionnés par l'éducation des enfants et auprès des sociétés multinationales dont les salariés à l'étranger bénéficieront de ce lycée pour leurs enfants.
Pour réaliser ce projet, nous proposons un partenariat public-privé.
Le public c'est l'Education Nationale notamment le CNED et les IUFM. Le privé, c'est notre groupe "Silicon Valley" habitué aux opérations commando de mise en place de systèmes complets. L'alliance du mammouth et de la gazelle. Au mammouth la mise à disposition des cours CNED, à la gazelle la responsabilité de la « webisation » des cours et la mise en place du système global.
Nous avons rencontré la Direction Générale du CNED à qui nous avons exposé ce projet. L'accueil a été très favorable et nous allons définir dans les semaines qui viennent la cadre juridique de cette coopération. Le mammouth a bougé !
Le calendrier d'exécution prévoit:
- l'achèvement de l'étude marketing, la levée de fonds et la mise en place des outils pour juin 2005,
- la production des modules obligatoires pour septembre 2006,
- la première rentrée en septembre 2007 et
- la rentrée complète en septembre 2008.
Et pour conclure je vous laisse avec cette autre citation de Benjamin Franklin, auteur biculturel s'il en est :
"Tu me dis, j'oublie. Tu m'enseignes, je me souviens. Tu m'impliques, j'apprends."
Paris,24 Octobre 2004
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